La volonté de Dieu...
Cette notion de volonté divine est utilisé par les trois grandes religions monothéistes,
· Les musulmans qui disent : « inch Allah »
· Le Christ, lorsqu'il enseigne le « notre père » avec cette expression : « que ta volonté soit faite » ou quand il prie au jardin de gethsémani avant la passion : « non pas ma volonté, mais la tienne »
· Le judaïsme, avec les commandements de Moïse.
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C' est l'une des « réalités spirituelles » les plus difficiles à accepter pour un homme libre.
La difficulté, c'est que cette volonté ne s'exprime pas par une voix que je pourrais entendre et, lorsqu'elle se trouve dans un texte que je peux lire, ce texte a été écrit de main d'homme. Cet homme affirme ou a affirmé être en lien direct avec Dieu pour être en droit de me transmettre sa parole.
Comment faire confiance ? Il y a eu tant d'erreurs et de crimes commis sincèrement ou non en se servant de la prétendue volonté de Dieu que je suis en droit de douter. Il y a eu et il y a encore tellement de guides spirituels qui ont mélangé les choses, le psychologique et le spirituel, les enjeux humains et les enjeux de Dieu, que je suis en droit de considérer toute « direction spirituelle » avec circonspection. C'est plus sage...
Au-delà de la connaissance et de l'utilisation des « étapes d'autonomie psychologique» qui vont de la dépendance à l'interdépendance, qu'il s'agisse de moi-même qui aimerais bien faire la volonté de Dieu si j'étais certain que c'est bien la sienne, ou qu'il s'agisse de ceux auxquels je pourrais m'adresser pour me guider spirituellement, y a-t-il un chemin plus solide ? Est-ce qu'il existe en particulier une « intuition spirituelle » que je puisse développer suffisamment pour lui faire confiance ? Comment en effet distinguer, dans ce que je présume être le surgissement en moi d'un écho à la volonté de Dieu, ce qui n'est qu'un discours de moi-même à moi-même, et ce qui vient d'un extérieur spirituel en qui je puisse faire confiance ?
Et lorsque cet écho en moi vient d’une tierce personne, à quelle condition puis-je suivre ce que me dit cette personne sans renoncer à ma liberté ?
Et même, s’il existe un discernement solide, comment faire pour qu'il soit si simple d'accès que je puisse le suivre facilement, sans me plonger dans des abîmes de réflexion ? Pour que je puisse avoir ce discernement même lorsque je ne vais pas bien physiquement ou psychologiquement ?
Je ne sais pas.
Pourtant, mon expérience de vie témoigne qu'un tel chemin existe, qu’un tel discernement est possible. À de nombreuses entreprises, j'ai eu le sentiment que j'étais bien dans la « volonté de Dieu » et que, paradoxalement, ce n'était pas toujours le chemin qu'aurait dicté une morale religieuse. C'est comme si, à ces moments l à, je recevais une confirmation extérieure du genre : « C'est toi, François, qui prends telle décision, ce n’est pas moi. Mais dans le chemin que tu décides, et comme tu me l'as demandé, je suis avec toi quoi qu'il arrive. »
Nous, les croyants, nous avons très souvent tendance à confondre la volonté de Dieu avec une décision qu'il nous demanderait de prendre et qu’il faudrait laborieusement chercher : Dieu veut-il que nous fassions ceci ou cela ? Cette approche de la volonté de Dieu est déresponsabilisante. Je préfère assumer mes décisions en ayant la volonté, que je pense être aussi sa volonté, de demeurer avec lui quoi qu'il arrive.
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FD, le 6 février 08
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