Gare de N..., début d’après midi
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Face à moi, dans la salle d’attente, une jeune femme s’assied. La trentaine, jupe courte très serrée, tailleur noir, blouse blanche, longs cheveux fous. Elle porte des grosses lunettes à la mode. C'est alors que, en un éclair d'éternité, le rêve que chante Alain Souchon se réalise :
Voir... sous les jupes... des filles...
Elle serre les jambes et pose son ordinateur portable sur ses genoux, puis se met à travailler en mâchant du chewing gum qu’elle fait parfois éclater en grosses bulles blanches.
L’air très assuré, très à l’aise avec son corps.
Cela dure une heure. Moi aussi je travaille sur un dossier. Quel bonheur !
Et moi la chanson de Goldman me rappelle le poème de Baudelaire.
À UNE PASSANTE
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! — Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Rédigé par: Laurent Berthod | 08 juin 2009 à 17:20
Ah... Ca me rappelle cette chanson de JJ Goldman, "Tout était dit" : J'avais rendez-vous je crois, j'avais pas le temps
Avec un pape ou peut-être un président, Mais la fille est jolie et les papes sont souvent patients"..."Et ce léger sourire au coin des lèvres c'est d'une telle indécence, Il est temps de partir, elle se lève, évidente, transparente,
Sa façon de marcher dans mon rêve, son parfum qui s'évanouit, Quand elle disparaît de ma vie, Tout était dit"
Rédigé par: Jérôme | 07 mai 2009 à 14:59