Parfois, je regarde les statistiques de ce blog. quelques unités, quelques dizaines, quelques centaines si j'ai publié une newsletter. cela dépend des jours. Je m'émerveille de la confiance que le fonds les lecteurs et je me demande : « Que dire aujourd'hui qui puisse les nourrir? "
A quoi est-ce que je sers aujourd'hui ? Vers qui suis-je envoyé, et pourquoi ? Dans la bonne tradition chrétienne, on est envoyé vers les autres pour s'occuper d'eux. Pour ma part, je prolonge : et si j'étais envoyé vers les autres pour qu'ils s'occupent de moi ?
Parce que, aller vers les autres quand on est malade ou fatigué,démoralisé ou désespéré, ça fait tout de même forcing. Qui a besoin de l'autre aujourd'hui,sinon moi ?
Les candidats à la sainteté n'aiment pas beaucoup cela. Ils préfèrent fouiller dans leur poche pour trouver encore une miette à donner à autrui. C'est admirable et c'est idiot.
La vraie vie, c'est à la fois accepter d'aimer les autres et de s'en laisser aimer.
Jésus a dit : "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés."
Ne peut-on ajouter :
"N'oubliez-pas de vous aimer vous-même comme je vous ai aimé" ?
NB. Il était très attaché à ceux qu'il a aimés. La séparation d'avec eux a ajouté de l'amertume à son calice.
Rédigé par : Laurent Berthod | 22 février 2012 à 22:16
Oui, oui, oui, mille fois oui: aimer les autres et s'en laisser aimer. Mais le poète a beau invoquer: le temps poursuit sa route. Aimer donc mais sans attacher, sans s'attacher, parce qu'un jour il faudra partir, se séparer; aimer dans l'absolu de l'instant et la relativité de tout; aimer et s'en laisser aimer; aimer et s'en aller, aimer et laisser les autres s'en aller. Aimer sans dépendance? Une belle façon de spiritualiser nos amours.
Rédigé par : Kamel | 18 février 2012 à 11:53