Extrait du "Genévrier"
« Veux-tu une pomme, mon fils ? » Mais ses regards démentaient ses paroles car elle fixait sur lui des yeux féroces, si féroces que le petit garçon lui dit :
- Mère, tu as l'air si terrible : tu me fais peur. Oui, je voudrais bien une pomme.
Sentant qu'il lui fallait insister, elle lui dit :
- Viens avec moi ! et, l'amenant devant le gros bahut, elle ouvrit le pesant couvercle
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Note explicative : Les contes recueillis par les frères Grimm ont une force narrative et symbolique étonnante. Peut-être parce qu’ils n’ont pas d’intention moralisante et qu’ils se contentent simplement de raconter. Mais, parfois, que d’horreurs !
Pour les conteurs, le long et terrifiant conte du Genévrier est un passage initiatique. On est ou non capable de raconter le "Genévrier"; Ceci suppose pour en effet pour le conteur d’être à peu près au clair par rapport à sa propre violence. Il en irait de même dans d’autres domaines, pour des racontées comme celle du petit chaperon rouge (dimension érotique), de Peau d’âne (dimension incestueuse) etc.
Etre au clair, c’est accepter que la force de vie qu’il y a en chacun de nous comporte une petite partie de trouble, de violent, de pervers, de malsain. C’est aussi, par le jeu d’une liberté spécifiquement humaine, refuser qu’elle se traduise en actes dommageables pour soi-même ou pour autrui.
Il en va de même pour l’auditeur. Grâce aux propriétés du conte, le symbolique et l’imaginaire, il peut apprivoiser cette partie en lui.
Je rêve d’un monde où chaque être humain "serait au clair". Gageons que cela ferait disparaître la plupart des drames. Aidons-nous des contes !
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