Récit d'un voyage fait à Nancy et ses environs, du 3 au 4 novembre 2005, et de ce qu'il m'a inspiré.
Départ de Paris, 3 novembre, 15 h
La première étape de mon périple sera Nancy. Je dois ce soir y prononcer une conférence sur le rôle de coach du manager. Irai-je en train ? Avec ma voiture, je serais libre de mes mouvements. S’il faisait beau, je pourrais même pousser jusqu’au pied des Vosges, pour revoir la maison d'enfance. Je me décide pour la voiture et quitte Paris encombré. A l’ICN (Institut Commercial de Nancy), l'accueil est chaleureux.
La soirée a été organisée par eux et un petit groupe de coachs qui met sur pied la représentation lorraine de la Fédération Internationale de Coaching (ICF). J’ai sur moi le petit carton vert où je résume comme à l’habitude les mots de clefs de mon discours. Je me place devant la table de conférence pour être plus proche du public, puis commence.
(Texte de 4 pages sur le "rôle de coach du manager"). Document word : : Download nancy_confrence_nov_2005.doc
4 novembre, Pompey (Meurthe et Moselle), 11 h
La conférence d'hier soir s'est fort bien passée. La matinée d'aujourd'hui sera consacré aux visites familiales aux environs de Nancy. En passant près de Pompey, je me souviens d’un livre de contes de Lorraine lu cet été. Une légende raconte en effet que, lors des massacres la guerre de sept ans, une église où les gens s’étaient réfugiés avait été incendiée, un Oradour sur Glane avant l’heure. Depuis, paraît-il, un pilier y « pleure ». J’avais été très frappé par cette image et en ai fait au mois d’août le conte du Bouc de Saint Baudile, une histoire sur la lubricité de la belle Augusta.
Vous tous, bons chrétiens qui rêvez parfois d’amours interdites…
Document word Download le_bouc_de_saint_baudile.doc
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4 novembre, Douaumont, 15 h.
Dans l’ossuaire de Douaumont, un groupe de jeunes gens fait un bruit épouvantable de bavardage, amplifié par ce caisson de pierre et de marbre. J’attends qu’ils soient partis, puis me dirige vers la chapelle et feuillette le cahier mis à disposition des personnes de passage. Un texte retient mon attention, sans doute inséré ici en mémoire de tous les anonymes qui ont combattu ici avec l’amour sincère de leur patrie.
Ils sont nombreux les bienheureux
Qui n’ont jamais fait parler d’eux
Et qui n’ont pas laissé d’image
Tous ceux qui ont depuis des âges
Aimé sans cesse et de leur mieux
Autant leurs frères que leur Dieu.
Je connais ce texte depuis plusieurs années mais me le récite en d’autres circonstances, chaque fois que je suis tenté par la quête de notoriété. « Etre quelqu’un » aux yeux du monde est un souci que Hegel citait déjà en 1815 : « Les rapports sociaux, écrivait-il, sont une lutte continuelle pour la reconnaissance. » Lorsque je suis tenté de m’engager dans une telle lutte, ce court poème reste l’un des meilleurs antidotes. Il me ramène au choix entre la fraternité et le plaisir narcissique d’être mis sur un piédestal. « Chaque fois que tu te laisses appeler maître, me disait un ami, tu perds un frère. »
4 novembre, Marne et Champagne, 17 h
Je quitte Verdun et reviens vers l’ouest par l’autoroute A4. Les images des champs de bataille de la grande guerre ne me quittent pas. Mon grand père est mort dans ces endroits, ou au chemin des dames, peu importe, comme tant d’autres grands pères. Ma grand-mère en a été blessée toute sa vie, comme tant d’autres grands-mères. Il y a un an, à la suite d’une visite effectuée dans des cimetières militaires, j’avais redécouvert des carnets familiaux vieux de 80 ans et en avais tiré les "carnets de veuvage"
Ils pensent que je suis folle. …C’est peut-être parce que j’ai cassé les chaises en apprenant ta mort. Mais il fallait que je crie la saleté entrée dans mon cœur avant de me mettre en noir. Je refuse cette guerre qui me prive de toi…
Document word : Download carnets_de_veuvage.doc
4 novembre 2005, Reims
Dîner impromptu à Reims, dans une famille d’amis. Le papa est merveilleux, la maman est un perpétuel éclat de rire et les enfants sont adorables. On parle du geyser d’Islande et j’allume mon ordinateur pour montrer un clip pris lors d’un voyage là bas.
On bavarde. J’écoute l’ami qui me parle de l’insatiable curiosité de « l’enfant d’éléphant », le héros du conte de Kipling dont il raconte l'histoire à son fiston.
télécharger l'enfant d'éléphant de Kipling sur vialupo.jcldb.com/kipling/
Je me demande : Quelle est ma curiosité aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’aimerais savoir ? Voici quelques questions. Si des lecteurs de ce blog ont la réponse, merci de me la donner. 1. Pourquoi la lumière a-t-elle la vitesse absolue de 300000 km/s et pas une autre ? 2. Qu’est-ce que c’est exactement que l’électricité ? 3. Comment faire pour supprimer un programme sur Windows lorsqu’il ne part pas avec « désinstallation de programmes » 4. Pourquoi y a-t-il des coqs sur le clocher des églises ? 5. Pourquoi la taille moyenne des hommes est –elle ce qu’elle est, ni plus grande ni plus petite ?
Mais il y a d’autres questions sur lesquelles je m’interrogeais autrefois et dont la réponse m’indiffère à présent : 1. Comment le gaz fait-il pour avancer dans les tuyaux ? (l'essentiel est qu'il avance) 2. Pourquoi est-ce qu'avant je ne pensais "qu'à ça" et que maintenant, je pense tout de même parfois à autre chose ? 3. Pourquoi est-ce que je suis comme je suis ? (parce que c'est comme ça) 4. Pourquoi est-ce que je crée dans tous les sens ? (parce que je suis comme ça) 5. Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? (l'essentiel est de vivre la "vie éternelle" aujourd'hui) 6. Pourquoi les évangiles sont-ils contradictoires ? (la logique de l'amour est plus importante que la logique) 7. Pourquoi les gens sont-ils parfois si méchants ? (à remplacer par "que faire avec la méchanceté ?) Etc.
Après avoir traversé le bas de l'Aisne (un endroit où l'on place son argent), j’arrive à mon atelier de la Ferté Milon à onze heures du soir. Mais la visite de la zone des combats de 1914-1918 me hante. Je prends le CD rom du « Long dimanche de fiançailles » et le visionne jusque tard dans la nuit. Puis je descends à la salle d’exposition de mes sculptures et regarde longuement « le zouave de l’Ourcq.





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